LA TERREUR DJIHADISTE A VARSOVIE (Suite et fin)

16 sept

« Le djihad c’est le concept qu’on trouve dans le Coran, et qui veut dire « résistance ».

 

LA TERREUR DJIHADISTE A VARSOVIE (Suite et fin)

Le même jour le Roi fut obligé de se montrer à l’une des fenêtres du Château Royal, pour calmer le peuple qui doutait qu’il soit encore en vie, mais aussi pour calmer les actes d’hooliganismes qui éclatèrent dans la Vieille Ville. Les Turcs n’étant pas loin de Varsovie pouvaient à tout moment envahir la ville, une ville qui avait perdu la tête, en perdant sa tête en la personne de son souverain qui croyait-on alors, non seulement dans le peuple mais aussi parmi la noblesse, était mort. Il fallait à tout prix calmer les têtes chaudes qui pouvaient aussi voir là une opportunité de prendre le pouvoir : « Le Roi est mort vive le Roi » et qu’on en parle plus.

Le chateau royal

Le château royal

Cet attentat dont l’auteur était déclaré, officiellement fou à lier, commençait à avoir des conséquences extrêmement fâcheuses. Surtout que la position politique de Sigismond III Vasa qui « trône » [LA COLONNE SIGISMOND] aujourd’hui en haut de sa colonne sur la Place du Château et que la postérité a transformé en un grand roi très catholique n’était pas aux yeux du clergé polonais d’alors si catholique que ça. Vis-à-vis de ceux qui croyaient « autrement », pour traduire littéralement du polonais, c’est-à-dire des autres confessions religieuses il était pour ce clergé bien par trop libéral. Et ce roi qui malgré de grandes qualités intellectuelles et une forte personnalité – très travailleur, honnêté et modestie avait « mauvaise presse ». Il avait déjà subi des revers dans sa politique extérieure – défaite de Cecora contre les Turcs et la mort du très populaire Hetman Stanislas Żółkiewski– des dépenses sans fin pour les guerres, bien que celles-ci permirent d’agrandir le territoire jusqu’à 950.000 km carré pour une population de 10 millions d’habitants environ. Mais surtout le bât blessait là même où il avait blessé notre grand roi, Henri II de Valois : Sigismond III voulait à tout prix limiter les privilèges de la grande noblesse qui faisaient que en réalité c’était elle qui était toujours maîtresse du jeu et non le roi. Voilà pourquoi durant tout son règne il aura tenter de lui imposer sa volonté. Autre point qui peut relever de l’anecdote, mais qui pour le protocole officiel et diplomatique à son importance est que Sigismond III ne s’est jamais habillé à la Polonaise, n’en a jamais vraiment pris les us-et-coutumes et se sera toujours entouré de conseillers étrangers… Et malgré une foi vraie et profonde où, peut-être à cause de cela, il n’aura jamais été un fanatique religieux, en 1596 il aura été le fervent défenseur et acteur pour la reconnaissance dans son royaume du rite greco-catholique. L’on peut dire de lui qu’il pratiquait déjà un œcuménisme avant la lettre. Tout ceci ne pouvait que lui créer de graves ennuis. Il faut savoir aussi que les Cracoviens le haissaient. N’avait-il pas sous le prétexte d’un incendie au château de Wawel  déménagé à Varsovie qu’il avait nommé « Ville résidentielle royale » ? La Petite Pologne dont Cracovie ëtait la capitale tremblait aussi devant toute guerre avec les Turcs étant toujours celle qui en payait le plus les pots cassés, vu notamment sa position géographique.

La mort de Stanisław Zołkiewski a la bataille de Cecora

La mort de Stanisław Zołkiewski a la bataille de Cecora

Par le plus grand des hasards – « mais y-a-t-il vraiment des hasards » (J.L Borges) –  l’un des beux-frères de Michał Piekarski était un des plus hauts personnages  de Cracovie… Suivez mon regard !

Assemblee pleniere du Senat

Assemblee pleniere du Senat

Tout ceci fit que pour ne point ajouter de l’huile sur le feu le Roi et ses conseillers se fièrent au vieille adage : « Ce dont on ne parle pas n’existe pas ». Mais avant que de le mettre en pratique il fallait punir le coupable. Chose curieuse, mais pas si curieuse que ça si on se réfère au vieil adage susnommé cette volonté de punir ne s’exerca pas du côté de ceux qui étaient pour le Roi, mais chez ses détracteurs. Le Roi eut beau clamer haut et fort qu’il pardonnait « ce malheureux fol » et qu’il rendait grâce, rien n’y fit. La noblesse, donc le Sénat, voulait lui montrer que même pour quelque chose d’aussi incroyable et grave ( Note de l’auteur : Souvent lors de mes visites avec des groupes ou individuels on s’étonne que le Roi n’eût point de garde du corps et qu’il allait à pied à la cathédrale. Il faut savoir que cela n’était venu à l’idée que l’on puisse lever la main sur le Roi. Et même après cet attentt il n’y eut pas de gardes. La seule décision prise fut de construire un passage par-dessus la rue pour que le souverain et sa suite puissent rentrer dans la cathédrale en toute quiétude) il n’avait pas le pouvoir de décider. Il fut même écarter du procès où sa présence ne fut nullement permise. Total des courses : Piekarski devait mourir exécuter et ce, de la plus horrible, façon en place publique où il devait avoir la langue brûlée, puis arrachée et être écartelé. Ici, les historiens divergent sur le llieu de l’exécution certains penchent pour la rue qui s’appellent aujourd’hui Piekarska, d’autres pour la Place du marché de la Nouvelle Ville. J’estime quant à moi que voulant faire un exemple on aura choisi ce deuxième lieu qui donne de tout côté de meilleures perspectives et point de vue pour assister au spectacle : un noble exécuté c’était déjà peu commun, mais ayant voulu tuer le Roi ça le peuple ne pouvait vraiment pas rater ça. Surtout que c’était gratuit donc on peut imaginer : foire et bombance à gogo et que ça saigne… L’exécution eut lieu le 27 novembre 1620 et dura de 9 heures jusqu’à 16 heures. Le condamné fut traîné de son cachot sur la Place du Château Royal dans la direction de Krakowskie Przedmiescie et puis vers la Place du Marché de la Nouvelle Ville. Pas une seule fois il ne se repentit et n’accepta  de se confesser, estimant que de toute façon par cet acte le Paradis lui été dû. Voilà pourquoi on peut le considérer comme l’un des premiers djihadiste de l’époque moderne, puisqu’il considérait qu’il avait rempli une mission divine par cet attentat. Il ne regrettait qu’une seule chose : « ne pas l’avoir tuer ». On le brûla, lui découpa les membres, l’écartela, j’en passe et des meilleurs, puis ses cendre furent jetées dans la Vistule.­

L'attentat et ses troubles

L’attentat et ses troubles

Le verdict qui tomba au bout de deux semaines le déclara frapper d’infâmie. Mais un point intéressant à souligner on y ajouta : damnatio memoriae. L’oubli total non seulement de l’attentat, et la destruction de tous les biens de ses descendants (chose curieuse il n’en avait pas). Donc, contrairement à aujourd’hui, où l’on est obligé de renverser l’adage en cette formule : Ce dont on parle le plus (partout et en tout sens, sans la moindre logique) finit par ne plus exister, le silence tomba sur ce qui ne devait pas devenir une affaire mais rester un incident. Le silence oui, mais jusqu’à aujourd’hui Piekarski existe. En un mot il s’est réincarné, lui qui aura connu un attentat peau de fesse puisque son plan tourna en peau de chagrin se sera fait une nouvelle peau dans l’expression : Radoter comme Piekarski sous la torture [Pleść, jak Piekarski na mękach].

Mais radotait-il vraiment ? Si les procès-verbaux des interrogatoires ne sont pas parvenus jusqu’à nous il nous reste le témoignage du très grand mémorialiste (hélas toujours pas traduit en français, malgré, notamment mes nombreux efforts) polonais Albrycht Radziwiłł, l’un des témoins occulaires de l’attentat. Voilà ce que nous pouvons raisonnablement en déduire et conclure. « Je suis allé lui rendre visite ensuite en prison, avec mon frère et j’ai entendu ces mots : « Chercher le premier royaume, et tout vous appartiendra. » Et de cette phrase il nous faut revenir au Livre Saint qui dit exactement là-même chose – avec d’autres mots – dans l’Evangile selon Saint-Matthieu (6,33).

Le grand memorialiste Albrycht Radziwiłł

Le grand memorialiste Albrycht Radziwiłł

L’on préfèra prendre ses propos comme incohérents, comme celles d’un fou, qu’il était, mais d’un fou dont on avait promis le royaume des cieux… le Paradis s’il tuait « l’infidèle ». Cela ne vous rappelerait-il pas quelque chose ?

Une réponse à “LA TERREUR DJIHADISTE A VARSOVIE (Suite et fin)”

  1. jolanta 18 septembre 2016 à 18 h 22 min #

    Swietnie opowiedziane!

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